Cavaliers conscients & Chevaux épanouis dans leur sport

SARL PONTE F

Pierre & Jeanne-Charlotte Faivre

L'excellence peut être pratiquée à tous les niveaux.

Partout où je passe je constate avec tristesse que l’apprentissage de l’équitation est douloureuse pour les chevaux.

  • Séances de mise en selle avec des cavaliers lourds et rebondissants

  • Actions brutales sur la bouche pour s’arrêter, tourner ou s’accrocher

  • Matériel inadapté voir blessant pour les chevaux

  • Manque de considération, de respect et de compréhension, d’autant plus pour celui qui se fait la mauvaise réputation de méchant/idiot/dangereux après avoir osé se défendre pour exprimer son inconfort.

Voir un enfant à poney bondir de 20 cm hors de sa selle à chaque foulée de galop et aller sauter en restant accroché à la bouche est une scène d’apparence normale. « Il faut bien apprendre ».

Pourtant il est parfaitement possible de faire travailler ses débutants, adultes ou jeunes enfants, en préservant et en respectant sa cavalerie.

Cela demande de la volonté et de la persévérance mais nous pouvons:

  • Attirer l’attention des cavaliers sur l’intelligence et la sensibilité animale

  • Les éduquer au respect du cheval

  • Imposer la rigueur et la qualité des bons gestes de préparation pour mettre un filet, placer sa selle, dégarroter correctement, sangler doucement, etc..

  • Travailler avec un matériel adapté, confortable pour le cheval. ex: des selles permettant aux cavaliers de s’équilibrer au dessus de leurs pieds, des étrivières identiques des deux côtés, un apprentissage en licol ou à défauts, en rênes longues, …

  • Éduquer sa cavalerie et travailler avec elle main dans la main pour former ses cavaliers en sécurité.

  • Entraîner ses cavaliers à formuler leurs demandes de façon assez précise et respectueuse pour que les poneys/chevaux n'en viennent pas à développer des comportements négatifs ou dangereux.

J’ai bien conscience qu’il est difficile pour des enseignants motivés de faire changer le système bien rodés dans lequel il sont pris, entre les différentes pressions: clients, parents, dirigeants, partenaires, la fatigue et le manque de temps de ce métier déjà très prenant.

Mais voici, pour ceux qui pourront implémenter à leur mesure, les fondamentaux selon moi, d’un apprentissage équestre respectueux des chevaux ET des cavaliers.

Oui, des cavaliers aussi!

Car au lieu de leur fournir 1h d’animation, on leur donne ce qu’il sont venu chercher à la base:

le contact avec les chevaux, une autonomie, une sécurité leur permettant de prendre du plaisir et l’amour du cheval.

Voici pour ceux que ça intéresse mes principes mis en place avec les jeunes cavaliers ou débutants. Je vous assure qui si vous avez la sensation de perdre du temps au départ, leur progression sera exponentielle par la suite.

1 ) CRÉER DU LIEN ENTRE LES CAVALIERS ET LES CHEVAUX.

Pour moi l’équitation commence à pied, en apprenant, à soigner, à panser, préparer, mener son cheval c’est le minimum. Mais nous pouvons aller plus loin, avec l’éducation bienveillante du cheval ou même la simple présence, l’interaction en liberté, la création de lien en autonomie, sans matériel, juste avec ses ressentis.

Cela peut paraitre banal, mais pour quelqu’un de fasciné par les chevaux qui démarre, avoir l’occasion de pouvoir apprendre à connaitre le cheval jusque dans ses émotions, sa personnalité, c’est magique!

Pour les débutants c’est également beaucoup plus rassurants que de monter directement sur leur dos sans même avoir appris à poser une selle ou mener son cheval en main.

2 ) RESPONSABILISER LE CAVALIER SUR LES SOINS ET LES CONNAISSANCES DU CHEVAL.

Pour ça rien de tel que de les faire évoluer avec un cheval attitré avec qui ils noueront un lien d’une séance sur l’autre, en prenant le temps de s’en occuper comme le leur à chaque fois.

C’est aussi l’idéal pour mettre le cavalier en confiance et la confiance est un des piliers de la progression.

Allez, souvenez-vous! Qui avait mal au ventre de stress avant d’aller au club ?

En évitant ça à nos cavaliers, nous leur permettons de beaucoup mieux se révéler.

Avec le cheval attitré nous insistons sur le lien. Le cavalier s’en sentira bien plus impliqué dans le bien être de son cheval et sera d’autant plus motivé à apprendre les aspects théoriques lui permettant de mieux le connaître.

3 ) LEUR PERMETTRE DE COMPRENDRE L’INFLUENCE DE LEUR POIDS SUR LE DOS DU CHEVAL POUR MIEUX APPRENDRE À MONTER AVEC LÉGÈRETÉ.

L’une des bases pour retenir comment faire, c’est de savoir pourquoi on le fait.

Les connaissances physiologiques du cheval sont un piller pour motiver les cavaliers à persévérer dans leur recherche d’équilibre et préserver le dos du cheval en toute situation.

En ce qui concerne la qualité de leur assiette, les faire travailler au sol avec des outils tels que ballons et simulateurs est un gain de temps d’apprentissage et indispensable au bien-être des chevaux lorsque nous devons gérer un groupe entier de cavalier à la fois, sans pouvoir les prendre individuellement à la longe.

4 ) SAVOIR UTILISER SES MAINS DANS LE SENS DU CHEVAL.

Toujours dans la continuité de la prise de conscience du cavalier sur les conséquences de ses actions sur la bouche et le reste du corps du cheval, apprendre à tourner sans tirer vers soi et transitionner uniquement avec son corps permet de régler une majorité de conflits avec les chevaux, grâce à des indications claires, mais aussi en leur permettant de faire ce qui leur est demandé de faire sans les bloquer.

5 ) ÊTRE PRÉCIS SUR LES ASPECTS TECHNIQUES.

Ne pas se contenter de leur dire quoi faire ou ne pas faire, mais se concentrer à utiliser les bons mots pour les aider sur le COMMENT faire.

L’aspect technique est pour moi avec l’éducation du cheval, les conditions essentielles de sécurité.

Pouvoir leur détailler exactement quoi faire et à quel moment et pourquoi permettra d’aiguiser leur rigueur, leur concentration et leur précision sur les exercices donnés.

Ces informations leurs sont utiles pour comprendre leurs erreurs et devenir de plus en plus autonome par la suite.

Niveau vocabulaire: orienter le cavalier vers ce qu’il doit chercher à obtenir plutôt que sur ce qu’il ne réussit pas, lui laisser le temps de ressentir les bon gestes pour être capable de les retrouver par lui même ensuite.

Remplacer par exemple « arrête de regarder par terre » par « regardes l’horizon, l’obstacle suivant, l’arbre du fond, … »

Ou si ça fait plusieurs fois: « tu regardes où déjà? »

Ou encore : « tu ne tiens pas en place! » par « tu as besoin d’être plus stable, pour ça je te propose de souffler un coup, retrouver ton appui sur tes ischions, réaligner ta colonne vertébrale au dessus, descendre dans tes jambes et regarder au loin… Est-ce que ça va ? Ok! Comment te sens tu maintenant du coup ?»

6 ) S’ADRESSER À EUX AVEC BIENVEILLANCE.

J’ai beaucoup observé le rapport entre la façon dont l’enseignant parle à ses élèves et la façon dont les élèves communiquent avec les chevaux.

Lorsqu’un cavalier est sous pression, la première chose qu’il fait c’est s’énerver sur son cheval.

Nos neurones miroirs font que nous avons tendance à reproduire les émotions et les comportements que nous voyons.

Vous souhaitez que vos élèves respectent votre cavalerie ? Alors respectez les, vous souhaitez que leurs gestes restent délicats? alors parlez-leur calmement.

Autrement la colère ou l’impatience de l’enseignant sera automatiquement rejetée sur les chevaux.

De la même façon, se passer de tous commentaires non constructif est nécéssaire pour instaurer un climat de progression.

Toutes les réflexions, taquineries ou blagues à caractère moqueur ou humiliant ne sont pas vecteur de bienveillance ils appuient sur des blessures différentes selon les personnes, ce qui ne leur permettra pas d’évoluer vers un changement d’état d’esprit, de non jugement, d’écoute de soi et des autres (chevaux y compris).

7) LES INTÉRESSER.

L’être humain est fait pour apprendre grâce à des challenges motivants pour son esprit.

Combien ne font rien et n’apprennent rien lorsqu’ils sont tous collés les uns aux autres en reprise?

Un sacré paquet !!

Certains sont turbulents ? Distraits ?

Faites les évoluer individuellement, donnez leur des challenges à réaliser en autonomie, pour lesquels ils devront s’efforcer de communiquer correctement avec leur monture, développer leur leadership et leur implication ne sera pas la même.

Voilà mes 7 clés d’enseignement pour un apprentissage agréable pour les chevaux.

A chaque niveau, on peut demander au cavaliers d’appliquer avec rigueur les principes de respect du cheval sous toutes ses formes, une équitation propre et l’excellence dans les fondamentaux qu’il implémente.

A tous les enseignants bienveillants à qui le fonctionnement classique des centre équestres ne correspond plus.

Je vous invite de tout coeur à oser expérimenter de nouvelles choses, créer un nouveau système d’apprentissage, de mettre en place une nouvelle organisation, vous servir autant que souhaité dans les clés données ici, sensibiliser votre clientèle…

J’ai constaté que les cavaliers ayant débuté en équitation sous ces principes, étaient horrifiés de voir ce qu’il se passaient à l’extérieur. Qu’ils étaient capable de repérer la souffrance des chevaux et qu’ils y étaient sensibles.

Ces cavaliers une fois propriétaires ou professionnels, sont bien plus exigeants sur la qualité de vie des chevaux qu’ils soignent.

Je suis profondément convaincue que l’état d’esprit général des sports équestres commence par ce qu’il se passe dans les clubs.

Et chers enseignants, vous êtes selon moi les acteurs principaux d’un monde équestre empathique et respectueux de l’animal.

Alors si le coeur vous y appelle, osez sortir du cadre et travailler en adéquation totale avec vos valeurs.

Bien à vous tous!

Charlotte

Jeanne-Charlotte